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Le deuil en coaching : acceptation, pardon, lâcher prise, quête de sens et cadeau caché ou comment traverser l’offense pour transmuter l’épreuve en pouvoir personnel

13 octobre 2026

Article

Quand l’épreuve frappe et que le retour en arrière à l’identique n’est plus possible, l’individu est confronté au deuil. Cette gestion du deuil est la première préoccupation du coach lorsque le choc causé par la rupture avec la situation passée du coaché survient. Et parfois, il s’agira de rompre les liens toxiques d’une offense en voyant le deuil comme un levier de libération intérieure.

C’est Elisabeth Kubler Ross https://fr.wikipedia.org/wiki/Elisabeth_Kübler-Ross qui a décrit les différentes étapes chronologiques de cette traversée émotionnelle, certaines étapes pouvant néanmoins se chevaucher, voir s’inverser mais être de facto potentiellement présentes. Il s’agit du déni, de la colère, du marchandage, de la dépression et de l’acceptation, étape signant, après la traversée de la douleur, l’aboutissement du processus. 

Plus tard, Elisabeth Kubler-Ross évoquera dans son dernier ouvrage co-écrit avec David Kessler « sur le chagrin et le deuil » une sixième étape qui est le sens.

En coaching, comme en psychologie d’ailleurs, on trouve aussi après l’acceptation d’Elisabeth Kubler Ross les étapes du pardon, du lâcher prise et – résultat de la quête de sens- du cadeau caché qui, pour ce dernier, inclut une dimension plus existentielle et s’apparente donc à la notion du sens d’Elisabeth Kubler Ross.

Tous ces termes – acceptation, lâcher-prise, pardon et quête de sens / cadeau caché – méritent d’être bien définis pour ne pas être utilisés de façon inappropriée.

L’acceptation qui finalement termine l’évolution émotionnelle chez Elisabeth Kubler Ross est avant tout un constat lucide de la réalité, l’intégration de ce qui est. 

Au plan professionnel, la promotion attendue a bel et bien été attribuée à quelqu’un d’autre ou j’ai bel et bien été licencié. Au plan personnel, ma maman est bel et bien décédée. Mon ami m’a bel et bien trahi.

Il faut préciser que le terme acceptation ne veut pas dire que l’on soit d’accord avec ce qui nous arrive ou que l’on a retrouvé la joie. Simplement, l’individu cesse de lutter contre l’évènement survenu. Cet événement n’est pas un mirage et il fait bien partie de la réalité. 

Le pardon suit l’acceptation car on ne peut pardonner quelque chose dont on nie encore la réalité. Le pardon, contrairement au lâcher prise, nécessite la présence d’un lien relationnel car c’est ce lien qui génère du ressentiment et qui fait l’objet du pardon. Au plan professionnel, l’individu tient pour responsable, dans le cadre de sa promotion déçue, son proche collègue de travail qui l’a sans cesse dévalorisé auprès du décideur. Au plan personnel, l’ami qui a trahi est directement responsable de cette trahison. Le décès de la maman peut également faire l’objet de ressentiment à l’égard du médecin jugé trop peu impliqué dans l’évolution de sa santé.

On peut bien évidemment accepter une situation nouvelle difficile sans pour autant pardonner au bourreau qui en est la cause. Encore faut-il clarifier ce qu’est le pardon, trop souvent compris comme l’amour de son bourreau.

En psychologie, comme en coaching, le pardon est avant tout le moyen de se libérer du poids du ressentiment et ne consiste nullement à faire plaisir à l’autre et encore moins l’aimer à nouveau. L’individu victime décide au travers de ce pardon de couper, dans son intérêt bien compris, le lien toxique qui le lie à son bourreau. En aucun cas, il ne s’agit d’oublier le préjudice subi et encore moins de se réconcilier avec son bourreau. Il s’agit de récupérer sa part de pouvoir perdue en se posant entre autres la question du prix que l’on est en train de payer pour maintenir vivant son ressentiment. Le pardon consiste donc à refuser de continuer à se laisser empoisonner par le préjudice causé par son bourreau.

Très souvent cela passe – après l’acceptation du deuil – par une expression cathartique où l’on écrit par exemple ce que l’on ressent, sans filtre, sans politesse, avec toute la violence nécessaire. Cette lettre peut aussi être accompagnée d’un schéma représentant sous la forme de liens tracés entre la victime et son bourreau toutes les pertes identifiées subies par l’individu suite au préjudice. Que ce soit la lettre ou le schéma, aucun de ces deux documents ne sera bien entendu envoyé au bourreau. C’est lors d’une cérémonie solennelle, servant d’ancrage pour l’individu, qu’ils seront tous deux détruits avec l’affirmation concomitante, exprimée haut et fort par la victime que, désormais, le préjudice causé par le bourreau ne l’atteindra plus dans le futur et qu’elle se libère ainsi du poison qui était engrammé en elle.

Vient ensuite le pardon à soi-même visant à restaurer l’estime de soi. En effet, si la victime a pardonné à son bourreau – ce qui je le répète ne signifie pas excuser, oublier et encore moins se réconcilier – une partie de soi, en l’occurrence son moi critique – ne cesse encore de lui reprocher d’avoir été à ce point naïve, n’ayant rien fait pour voir le préjudice arriver. Au plan professionnel, l’individu peut s’en vouloir de ne pas avoir suffisamment réagi face à ce collègue dénigrant qui a fini par influencer le décideur. Au plan personnel, la trahison de son ami avait déjà été accompagnée de signes avant-coureurs que l’individu s’en veut de ne pas avoir pu capter au plus tôt. Ce pardon à soi-même que l’on peut par exemple traiter en programmation neuro – linguistique par le protocole des parts en conflit permet alors de nettoyer, en plus de la relation au bourreau, la relation à soi-même qui a également souffert du préjudice subi. 

Après avoir calmé son ressentiment et sa culpabilité, on va alors lâcher prise sur l’évènement et l’offenseur lui-même. Ce lâcher prise est un acte conscient volontaire visant à s’alléger définitivement du fardeau généré par le préjudice causé par son bourreau.

L’étape suivante du pardon est relative à la compréhension de l’offenseur. Il s’agit de faire sien le second des cinq accords toltèques qui dit : « Quoiqu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle ». C’est un pas vers la libération de l’individu à travers une dépersonnalisation de l’acte posé par le bourreau. Certains auteurs vont plus loin ici en y ajoutant une dimension spirituelle. Ainsi Jean Monbourquette https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Monbourquette voit dans cette étape une opportunité d’élévation visant à développer une forme de compassion universelle à l’égard de son bourreau qui, s’il a agi de la sorte, a avant tout été porté par ses propres défaillances.

A l’image d’Elisabeth Kubler Ross qui ajoutait dans sa chronologie du deuil, le sens, le processus du pardon inclut aussi à la toute fin cette dimension. Il s’agit du « cadeau caché » derrière l’épreuve, la nouvelle force que l’individu a acquise suite à l’épreuve et qui lui permettra d’être plus fort, plus authentique, plus autonome, etc. Chez Monbourquette, le cadeau caché n’est pas une reprise du pouvoir personnel de l’individu car il inclut à nouveau une dimension plus spirituelle comme, par exemple, la découverte d’une mission de vie visant à transmuter son épreuve au profit des autres amenés eux-aussi à traverser cette même épreuve. 

Contrairement à la psychologie et au coaching qui s’arrêtent là, Jean Monbourquette considère que, cesser de ressentir le poison distillé par le bourreau suite au préjudice, ne pourra jamais venir intégralement de sa propre volonté mais bien d’une grâce qui sera offerte à l’individu qui constatera alors un beau matin qu’il est libéré et que le nœud de la haine est dissous au plus profond de son âme. 

Pour y arriver, Jean Monbourquette suggère de s’y préparer : d’abord en se sachant digne d’être pardonné, par la reconnexion à sa valeur intrinsèque humaine et spirituelle, et, ensuite, en cessant de s’acharner à vouloir pardonner, en s’en remettant à « plus grand que soi ». De cette façon, et contrairement à la psychologie et au coaching, Jean Monbourquette place en quelque sorte l’étape du lâcher prise après celle du sens et du cadeau caché considérant le sens comme le carburant indispensable pour réussir le lâcher prise et non comme la récompense finale faisant suite à l’effort du lâcher prise. 

Dans le processus que Metamorphos’you a mis en place pour accompagner ses coachés dans leurs transitions de vie https://metamorphosyou.be/changement-transition-et-accomplissement/, le lâcher prise intervient à la toute fin.

Par ailleurs, Metamorphos’you inclut l’étape du sens et du cadeau caché et revendique que, derrière toute épreuve, se cache une opportunité de grandir et qu’il faut plutôt regarder l’épreuve comme un tremplin vers un accomplissement humain encore plus grand, s’inscrivant dans la dimension spirituelle de Jean Monbourquette et rejoignant ainsi aussi le présupposé de la programmation neuro – linguistique qui affirme que dans la vie « il n’y a pas d’échecs mais seulement du feed-back » .

Il faut à présent préciser que la spiritualité présente chez Jean Monbourquette, n’a absolument rien de religieux. A ce titre, Jean Monbourquette termine d’ailleurs son processus du pardon par une ultime étape suivant le lâcher prise qui consiste à : « décider de se réconcilier ou rompre la relation ».

Si nous évoquons maintenant la religion et plus précisément la vision de Jésus, le pardon inclurait alors assurément la réconciliation avec son bourreau, ce dernier agissant, à notre image, inconsciemment, selon sa carte du monde et ce, malgré son âme empreinte d’amour, bâillonnée par son égo . Si chacun est certes libre d’embrasser ou pas cette vision, cette dernière trouverait matière à se voir « justifiée » lorsque l’on comprend le processus de construction égotique qui est commun à tous sur cette planète et qui conduit à autant de cartes du monde que d’individus.

En synthèse, si l’on résume la chronologie du deuil suivie par Metamorphos’you avec la métaphore d’une valise bien remplie, elle pourrait s’exprimer comme suit :

  1. L’Acceptation : Vous reconnaissez la présence et le poids de la valise. Vous arrêtez de vous épuiser à faire semblant de ne rien porter ;
  2. Le Pardon : 
    1. L’évacuation du ressentiment et de la culpabilité : Vous ouvrez la valise pour en retirer les pierres les plus coupantes (la rancœur, la colère, la culpabilité) ;
    1. Le Cadeau caché : Vous réalisez que porter cette valise vous a musclé et vous a appris à marcher différemment ;
    1. Le Lâcher-prise : Vous posez la valise au sol. Vous acceptez de continuer le voyage sans elle, sans regarder constamment en arrière.

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